Archives Dada
Cannibale, No. 2 (Paris, 25 May 1920), p.3
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Cannibale, No. 2 (Paris, 25 May 1920), p.3

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Tristan Tzara, Ange, in Der Dada, n°1, june 1919, Berlin (Edited by Raoul Hausmann, John Heartfield, and George Grosz)

Tristan Tzara, Ange, in Der Dada, n°1, june 1919, Berlin (Edited by Raoul Hausmann, John Heartfield, and George Grosz)

"Dada means nothing" in Tristan Tzara, Manifeste Dada 1918, in Dada, Zurich, n°3, December 1918.

"Dada means nothing" in Tristan Tzara, Manifeste Dada 1918, in Dada, Zurich, n°3, December 1918.

Francis Picabia, Portrait de Tristan Tzara, 1918, Mine graphite, gouache et aquarelle sur papier, 62,8 x 45,6 cm, Paris, Centre Pompidou.
© Georges Meguerditchian - Centre Pompidou, MNAM-CCI (diffusion RMN)© Adagp, Paris

Francis Picabia, Portrait de Tristan Tzara, 1918, Mine graphite, gouache et aquarelle sur papier, 62,8 x 45,6 cm, Paris, Centre Pompidou.

© Georges Meguerditchian - Centre Pompidou, MNAM-CCI (diffusion RMN)
© Adagp, Paris

Tristan Tzara - Dada into Surrealism
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Tristan Tzara, Dada Into Surrealism, 1959

Johannes Baader, Lettre-collage à Tristan Tzara [Postcard sent to Tristan Tzara], collage, Berlin, 16 janvier 1919, Bibliothèque Doucet, Paris (fond Tristan Tzara).

Johannes Baader, Lettre-collage à Tristan Tzara [Postcard sent to Tristan Tzara], collage, Berlin, 16 janvier 1919, Bibliothèque Doucet, Paris (fond Tristan Tzara).

"Manifeste Cannibale Dada", Dada, n°7, 1920, page 2.

"Manifeste Cannibale Dada", Dada, n°7, 1920, page 2.

Man Ray, Tristan Tzara, vers 1921, Paris, Centre Pompidou, © Man Ray Trust / Adagp, Paris

Man Ray, Tristan Tzara, vers 1921, Paris, Centre Pompidou, © Man Ray Trust / Adagp, Paris

Tristan Tzara, Manifeste Dada, 23 mars 1918

"Pour lancer un manifeste il faut vouloir : A.B.C.,
foudroyer contre 1, 2, 3,
s’énerver et aiguiser les ailes pour conquérir et répandre de petits et de grands a, b, c, signer, crier, jurer, arranger la prose sous une forme d’évidence absolue, irréfutable, prouver son non-plus-ultra et soutenir que la nouveauté ressemble à la vie comme la dernière apparition d’une cocotte prouve l’essentiel de Dieu. Son existence fut déjà prouvée par l’accordéon, le paysage et la parole douce.¦ Imposer son A.B.C. est une chose naturelle, — donc regrettable. Tout le monde le fait sous une forme de cristalbluffmadone, système monétaire, produit pharmaceutique, jambe nue conviant au printemps ardent et stérile. L’amour de la nouveauté est la croix sympathique, fait preuve d’un je m’enfoutisme naïf, signe sans cause, passager, positif. Mais ce besoin est aussi vieilli. En donnant à l’art l’impulsion de la suprême simplicité : nouveauté, on est humain et vrai envers l’amusement, impulsif, vibrant pour crucifier l’ennui. Au carrefour des lumières, alerte, attentif, en guettant les années, dans la forêt.
J’écris un manifeste et je ne veux rien, je dis pourtant certaines choses et je suis par principe contre les manifestes, comme je suis aussi contre les principes (décilitres pour la valeur morale de toute phrase — trop de commodité; l’approximation fut inventée par les impressionnistes). ¦ J’écris ce manifeste pour montrer qu’on peut faire les actions opposées ensemble, dans une seule fraîche respiration; je suis contre l’action; pour la continuelle contradiction, pour l’affirmation aussi, je ne suis ni pour ni contre et je n’explique pas car je hais le bon sens.
DADA — voilà un mot qui mène des idées à la chasse; chaque bourgeois est un petit dramaturge, invente des propos différents, au lieu de placer les personnages convenables au niveau de son intelligence, chrysalides sur les chaises, cherche les causes ou les buts (suivant la méthode psychanalytique qu’il pratique) pour cimenter son intrigue, histoire qui parle et se définit. ¦ Chaque spectateur est un intrigant, s’il cherche à expliquer un mot (connaître!). Du refuge ouaté des complications serpentines, il faut manipuler ses instincts. De là les malheurs de la vie conjugale.
Expliquer : Amusement des ventre rouges aux moulins des crânes vides.

DADA NE SIGNIFIE RIEN
Si l’on trouve futile et si l’on ne perd son temps pour un mot qui ne signifie rien… La première pensée qui tourne dans ces têtes est de l’ordre bactériologique : trouver son origine étymologique, historique ou psychologique, au moins. On apprend dans les journaux que les nègres Krou appellent la queue d’une vache sainte : DADA. Le cube et la mère en une certaine contrée d’Italie : DADA. Un cheval de bois, la nourrice, double affirmation en russe et en roumain : DADA. De savants journalistes y voient un art pour les bébés, d’autres saints jésusapellantlespetitsenfants du jour, le retour à un primitivisme sec et bruyant, bruyant et monotone. On ne construit pas sur un mot la sensibilité; toute construction converge à la perfection qui ennuie, idée stagnante d’un marécage doré, relatif produit humain. L’œuvre d’art ne doit pas être la beauté en elle-même, car elle est morte; ni gaie ni triste, ni claire, ni obscure, réjouir ou maltraiter les individualités en leur servant les gâteaux des auréoles saintes ou les sueurs d’une course cambrée à travers les atmosphères. Une œuvre d’art n’est jamais belle, par décret, objectivement, pour tous. La critique est donc inutile, elle n’existe que subjectivement, pour chacun, et sans le moindre caractère de généralité. Croit-on avoir trouvé la base psychique commune à toute l’humanité ? L’essai de Jésus et la bible couvrent sous leurs ailes larges et bienveillantes : la merde, les bêtes, les journées.
Comment veut-on ordonner le chaos qui constitue cette infinie informe variation : l’homme ? Le principe : « aime ton prochain » est une hypocrisie. « Connais-toi » est une utopie mais plus acceptable car elle contient la méchanceté en elle. Pas de pitié. Il nous reste après le carnage l’espoir d’une humanité purifiée. Je parle toujours de moi puisque je ne veux convaincre, je n’ai pas le droit d’entraîner d’autres dans mon fleuve, je n’oblige personne à me suivre et tout le monde fait son art à sa façon, s’il connaît le joie montant en flèches vers les couches astrales, ou celle qui descend dans les mines aux fleurs de cadavres et des spasmes fertiles. Stalactites : les chercher partout, dans les crèches agrandies par la douleur, les yeux blancs comme les lièvres des anges. Ainsi naquit DADA d’un besoin d’indépendance, de méfiance envers la communauté. Ceux qui appartiennent à nous gardent leur liberté. Nous ne reconnaissons aucune théorie. Nous avons assez des académies cubistes et futuristes : laboratoires d’idées formelles. Fait-on l’art pour gagner de l’argent et caresser les gentils bourgeois ? Les rimes sonnent l’assonance des monnaies et l’inflexion glisse le long de la ligne du ventre de profil. Tous les groupements d’artistes ont abouti à cette banque en chevauchant sur diverses comètes. La porte ouverte aux possibilités de se vautrer dans les coussins et la nourriture.
Ici nous jetons l’ancre dans la terre grasse.
Ici nous avons le droit de proclamer car nous avons connu les frissons et l’éveil. Revenants ivres d’énergie nous enfonçons le trident dans la chair insoucieuse. Nous sommes ruissellements de malédictions en abondance tropique de végétations vertigineuses, gomme et pluie est notre sueur, nous saignons et brûlons la soif, notre sang est vigueur.
Le cubisme naquit de la simple façon de regarder l’objet : Cézanne peignait une tasse 20 centimètres plus bas que ses yeux, les cubistes la regardent d’en haut, d’autres compliquent l’apparence en faisant une section perpendiculaire et en l’arrangeant sagement à côté. (Je n’oublie pas les créateurs, ni les grandes raisons de la matière qu’ils rendirent définitives.) Le futuriste voit la même tasse en mouvement, une succession d’objet l’un à côté de l’autre agrémentée malicieusement de quelques lignes-forces. Cela n’empêche que la toile soit une bonne ou mauvaise peinture destinée au placement des capitaux intellectuels. Le peintre nouveau crée un monde, dont les éléments sont aussi les moyens, une œuvre sobre et définie, sans argument. L’artiste nouveau proteste : il ne peint plus (reproduction symbolique et illusionniste) mais crée directement en pierre, bois, fer, étain, des rocs, des organismes locomotives pouvant être tournés de tous les côtés par le vent limpide de la sensation momentanée.
Toute oeuvre picturale ou plastique est inutile; qu’il soit un monstre qui fait peur aux esprits serviles, et non douceâtre pour orner les réfectoires des animaux en costumes humains, illustrations de cette triste fable de l’humanité. — Un tableau est l’art de faire se rencontrer deux lignes géométriquement constatées parallèles, sur une toile, devant nos yeux, dans la réalité d’un monde transposé suivant de nouvelles conditions et possibilités. Ce monde n’est pas spécifié ni défini dans l’œuvre, il appartient dans ses innombrables variations au spectateur. Pour son créateur, il est sans cause et sans théorie.
Ordre = désordre; moi = non-moi; affirmation = négation : rayonnements suprêmes d’un art absolu. Absolu en pureté de chaos cosmique et ordonné, éternel dans la globule seconde sans durée, sans respiration, sans lumière, sans contrôle. J’aime une œuvre ancienne pour sa nouveauté. Il n’y a que le contraste qui nous relie au passé. Les écrivains qui enseignent la morale et discutent ou améliorent la base psychologique ont, à part un désir caché de gagner, une connaissance ridicule de la vie, qu’ils ont classifiée, partagée, canalisée; ils s’entêtent à voir danser les catégories lorsqu’ils battent la mesure. Leurs lecteurs ricanent et continuent : à quoi bon?
Il y a une littérature qui n’arrive pas jusqu’à la masse vorace. oeuvre de créateurs, sortie d’une vraie nécessité de l’auteur, et pour lui. Connaissance d’un suprême égoïsme, où les bois s’étiolent. ¦ Chaque page doit exploser, soit par le sérieux profond et lourd, le tourbillon, le vertige, le nouveau, l’éternel, par la blague écrasante, par l’enthousiasme des principes ou par la façon d’être imprimée. Voilà un monde chancelant qui fuit, fiancé aux grelots de la gamme infernale, voilà de l’autre côté : des hommes nouveaux. Rudes, bondissants, chevaucheurs de hoquets. Voilà un monde mutilé et les médicastres littéraires en mal d’amélioration.
Je vous dis : il n’y a pas de commencement et nous ne tremblons pas, nous ne sommes pas sentimentaux. Nous déchirons, vent furieux, le linge des nuages et des prières, et préparons le grand spectacle du désastre, l’incendie, la décomposition. Préparons la suppression du deuil et remplaçons les larmes par les sirènes tendues d’un continent à l’autre. Pavillons de joie intense et veufs de la tristesse du poison. DADA est l’enseigne de l’abstraction; la réclame et les affaires sont aussi des éléments poétiques.
Je détruis les tiroirs du cerveau et ceux de l’organisation sociale : démoraliser partout et jeter la main du ciel en enfer, les yeux de l’enfer au ciel, rétablir la roue féconde d’un cirque individu.
La philosophie est la question : de quel côté commencer à regarder la vie, dieu, l’idée, ou n’importe quoi d’autre. Tout ce qu’on regarde est faux. Je ne crois pas plus important le résultat relatif, que le choix entre gâteau et cerises après dîner. La façon de regarder vite l’autre côté d’une chose, pour imposer indirectement son opinion, s’appelle dialectique, c’est-à-dire marchander l’esprit des pommes frites, en dansant la méthode autour. Si je crie:
Idéal, idéal, idéal
Connaissance, connaissance, connaissance,
Boumboum, boumboum, boumboum
,
j’ai enregistré assez exactement le progrès, la loi, la morale et toutes les autres belles qualités que différents gens très intelligents ont discutés dans tout des livres, pour arriver, à la fin, à dire que tout de même chacun a dansé d’après son boumboum personnel, et qu’il a raison pour son boumboum, satisfaction de la curiosité maladive; sonnerie privée pour besoins inexplicables; bain; difficultés pécuniaires; estomac avec répercussion sur la vie; autorité de la baguette mystique formulée en bouquet d’orchestre-fantôme aux archets muets, graissés de philtres à base d’ammoniaque animal. Avec le lorgnon bleu d’un ange ils ont fossoyé l’intérieur pour vingt sous d’unanime reconnaissance. ¦ Si tous ont raison et si toutes les pilules ne sont que Pink, essayons une fois de ne pas avoir raison. ¦ On croit pouvoir expliquer rationnellement, par la pensée, ce qu’il écrit. Mais c’est très relative. La psychanalyse est une maladie dangereuse, endort les penchants anti-réels de l’homme et systématise la bourgeoisie. Il n’y a pas de dernière Vérité. La dialectique est une machine amusante qui nous conduit / d’une manière banale / aux opinions que nous aurions eues de toute façon. Croit-on, par le raffinement minutieux de la logique, avoir démontré la vérité et établi l’exactitude de ses opinions ? Logique serrée par les sens est une maladie organique. Les philosophes aiment ajouter à cet élément : Le pouvoir d’observer. Mais justement cette magnifique qualité de l’esprit est la preuve de son impuissance. On observe, on regarde d’un ou de plusieurs points de vue, on les choisit parmi les millions qui existent. L’expérience est aussi un résultat du hasard et des facultés individuelles. ¦ La science me répugne dès qu’elle devient spéculative-système, perd son caractère d’utilité — tellement inutile — mais au moins individuel. Je hais l’objectivité grasse et l’harmonie, cette science qui trouve tout en ordre. Continuez, mes enfants, humanité, gentils bourgeois et journalistes vierges… ¦ Je suis contre les systèmes, le plus acceptable des systèmes est celui de n’en avoir par principe aucun. ¦ Se compléter, se perfectionner dans sa propre petitesse jusqu’à remplir le vase de son moi, courage de combattre pour et contre la pensée, mystère du pain déclochement subit d’une hélice infernale en lys économiques:

LA SPONTANÉITÉ DADAISTE
Je nomme je m’enfoutisme l’état d’une vie où chacun garde ses propres conditions, en sachant toutefois respecter les autres individualités, sinon se défendre, le two-step devenant hymne national, magasin de bric-à-brac, T.S.F. téléphone sans fil transmettant les fugues de Bach, réclames lumineuses et affichage pour les bordels, l’orgue diffusant des œillets pour Dieu, tout cela ensemble, et réellement, remplaçant la photographie et le catéchisme unilatéral.
La simplicité active.
L’impuissance de discerner entre les degrés de clarté : lécher la pénombre et flotter dans la grande bouche emplie de miel et d’excrément. Mesurée à l’échelle Éternité, toute action est vaine — (si nous laissons la pensée courir une aventure dont le résultat serait infiniment grotesque — donnée importante pour la connaissance de l’impuissance humaine). Mais si la vie est une mauvaise farce, sans but ni accouchement initial, et parce que nous croyons devoir nous tirer proprement, en chrysanthèmes lavés, de l’affaire, nous avons proclamé seule base d’entendement : l’art. Il n’y a pas l’importance que nous, reîtres de l’esprit, lui prodiguons depuis des siècles. L’art n’afflige personne et ceux qui savent s’y intéresser, recevront de caresses et belle occasion de peupler le pays de leur conversation. L’art est une chose privée, l’artiste le fait pour lui; une œuvre compréhensible est produit de journaliste, et parce qu’il me plaît en ce moment de mélanger ce monstre aux couleurs à l’huile : tube en papier imitant le métal qu’on presse et verse automatiquement, haine lâcheté, vilenie. L’artiste, le poète se réjouit du venin de la masse condensée en un chef de rayon de cette industrie, il est heureux en étant injurié : preuve de son immuabilité. L’auteur, l’artiste loué par les journaux, constante la compréhension de son œuvre : misérable doublure d’un manteau à utilité publique; haillons qui couvrent la brutalité, pissat collaborant à la chaleur d’un animal qui couve les bas instincts. Flasque et insipide chair se multipliant à l’aide des microbes typographiques.
Nous avons bousculé le penchant pleurnichard en nous. Toute filtration de cette nature est diarrhée confite. Encourager cet art veut dire la digérer. Il nous faut des œuvres fortes, droites, précises et à jamais incomprises. La logique est une complication. La logique est toujours fausse. Elle tire les fils des notions, paroles, dans leur extérieur formel, vers des bouts, des centres illusoires. Ses chaînes tuent, myriapode énorme asphyxiant l’indépendance. Marié à la logique, l’art vivrait dans l’inceste, engloutissant, avalant sa propre queue toujours son corps, se forniquant en lui-même et le tempérament deviendrait un cauchemar goudronné de protestantisme, un monument, un tas d’intestins grisâtres et lourds.
Mais la souplesse, l’enthousiasme et même la joue de l’injustice, cette petite vérité que nous pratiquons innocents et qui nous rend beaux : nous sommes fins et nos doigts sont malléables et glissent comme les branches de cette plante insinuante et presque liquide; elle précise notre âme, disent les cyniques. C’est aussi un point de vue; mais toutes les fleurs ne sont pas saintes, heureusement, et ce qu’il y a de divin en nous est l’éveil de l’action anti-humaine. Il s’agit ici d’une fleur de papier pour la boutonnière des messieurs qui fréquentent le bal de la vie masquée, cuisine de la grâce, blanches cousines souples ou grasses. Ils trafiquent avec ce que nous avons sélectionné. Contradiction et unité des polaires dans un seul jet, peuvent être vérité. Si l’on tient en tout cas à prononcer cette banalité, appendice d’une moralité libidineuse, mal odorante. La morale atrophie comme tout fléau produit de l’intelligence. Le contrôle de la morale et de la logique nous ont infligé l’impassibilité devant les agents de police — cause de l’esclavage, — rats putrides dont les bourgeois ont plein le ventre, et qui ont infecté les seuls corridors de verre clairs et propres qui restèrent ouverts aux artistes.
Que chaque homme crie : il y a un grand travail destructif, négatif, à accomplir. Balayer, nettoyer. La propreté de l’individu s’affirme après l’état de folie, de folie agressive, complète, d;un monde laissé entre les mains des bandits qui déchirent et détruisent les siècles. Sans but ni dessein, sans organisation : la folie indomptable, la décomposition. Les forts par la parole ou par la force survivront, car ils sont vifs dans la défense, l’agilité des membres et des sentiments flambe sur leurs flancs facettés.
La morale a déterminé la charité et la pitié, deux boules de suif qui ont poussé comme des éléphants, des planètes et qu’on nomme bonnes. Elles n’ont rien de la bonté. La bonté est lucide, claire et décidée, impitoyable envers la compromission et la politique. La moralité est l’infusion du chocolat dans les veines de tous les hommes. Cette tâche n’est pas ordonnée par une force surnaturelle, mais par le trust des marchands d’idées et des accapareurs universitaires. Sentimentalité : en voyant un groupe d’hommes qui se querellent et s’ennuient ils ont inventé le calendrier et le médicament sagesse. En collant des étiquettes, la bataille des philosophes se déchaîna (mercantilisme, balance, mesures méticuleuses et mesquins) et l’on comprit une fois de plus que la pitié est un sentiment, comme la diarrhée en rapport avec le dégoût qui gâte la santé, l’immonde tâche des charognes de compromettre le soleil.
Je proclame l’opposition de toutes les facultés cosmiques à cette blennhorragie d’un soleil putride sorti des usines de la pensée philosophique, la lutte acharnée, avec tous les moyens du

DÉGOÛT DADAISTE
Tout produit du dégoût susceptible de devenir une négation de la famille, est dada ; protestation aux poings de tout son être en action destructive : DADA ; connaissance de tous les moyens rejetés jusqu’à présent par le sexe publique du compromis commode et de la politesse : DADA ; abolition de la logique, danse des impuissants de la création : DADA ; de toute hiérarchie et équation sociale installée pour les valeurs par nos valets : DADA; chaque objet, tous les objets, les sentiments et les obscurités, les apparitions et le choc précis des lignes parallèles, sont des moyens pour le combat : DADA; abolition de la mémoire : DADA; abolition de l’archéologie : DADA; abolition des prophètes : DADA; abolition du futur : DADA; croyance absolue indiscutable dans chaque dieu produit immédiat de la spontanéité : DADA; saut élégant et sans préjudice d’une harmonie à l’autre sphère; trajectoire d’une parole jetée comme un disque sonore cri; respecter toutes les individualités dans leur folie du moment : sérieuse, craintive, timide, ardente, vigoureuse, décidée, enthousiaste; peler son église du tout accessoire inutile et lourd; cracher comme une cascade lumineuse la pensé désobligeante ou amoureuse, ou la choyer — avec la vive satisfaction que c’est tout à fait égal — avec la même intensité dans le buisson, pur d’insectes pour le sang bien né, et doré de corps d’archanges, de son âme. Liberté : DADA DADA DADA, hurlement des douleurs crispées, entrelacement des contraires et de toutes les contradictions, des grotesques, des inconséquences : LA VIE.”

Tristan Tzara, Dada Manifesto, 23rd March 1918

"To launch a manifesto you have to want: A.B. & C., and fulminate against 1, 2, & 3,

work yourself up and sharpen you wings to conquer and circulate lower and upper case As, Bs & Cs, sign, shout, swear, organise prose into a form that is absolutely and irrefutably obvious, prove its ne plus ultra and maintain that novelty resembles life in the same way as the latest apparition of a harlot proves the essence of God. His existence had already been proved by the accordion, the landscape and soft words. * To impose one’s A.B.C. is only natural - and therefore regrettable. Everyone does it in the form of a crystalbluff-madonna, or a monetary system, or pharmaceutical preparations, a naked leg being the invitation to an ardent and sterile Spring. The love of novelty is a pleasant sort of cross, it’s evidence of a naive don’t-give-a-damn attitude, a passing, positive, sign without rhyme or reason. But this need is out of date, too. By giving art the impetus of supreme simplicity - novelty - we are being human and true in relation to innocent pleasures; impulsive and vibrant n order to crucify boredom. At the lighted crossroads, alert, attentive, lying in wait for years, in the forest. * I am writing a manifesto and there’s nothing I want, and yet I’m saying certain things, and in principle I am against manifestos, as I am against principles (quantifying measures of the moral value of every phrase - too easy; approximation was invested by the impressionists). *

I’m writing this manifesto to show that you can perform contrary actions at the same time, in one single, fresh breath; I am against action; as for continual contradiction, and affirmation too, I am neither for nor against them, and I won’t explain myself because I hate common sense.

DADA - this is a word that throws up ideas so that they can be shot down; every bourgeois is a little playwright, who invents different subjects and who, instead of situating suitable characters on the level of his own intelligence, like chrysalises on chairs, tries to find causes or objects (according to whichever psychoanalytic method he practices) to give weight to his plot, a talking and self-defining story. *

Every spectator is a plotter, if he tries to explain a word (to know!) From his padded refuge of serpentine complications, he allows his instincts to be manipulated. Whence the sorrows of conjugal life.

To be plain: The amusement of redbellies in the mills of empty skulls.

  DADA DOES NOT MEAN ANYTHING

If we consider it futile, and if we don’t waste our time over a word that doesn’t mean anything… The first thought that comes to these minds is of a bacteriological order: at least to discover its etymological, historical or psychological meaning. We read in the papers that the negroes of the Kroo race call the tail of a sacred cow: DADA. A cube, and a mother, in a certain region of Italy, are called: DADA. The word for a hobby horse, a children’s nurse, a double affirmative in Russian and Romanian, is also: DADA. Some learned journalists see it as an art for babies, other Jesuscallingthelittlechildrenuntohim saints see it as a return to an unemotional and noisy primitivism - noise and monotonous. A sensitivity cannot be built on the basis of a word; every sort of construction converges into a boring sort of perfection, a stagnant idea of a golden swamp, a relative human product. A work of art shouldn’t be beauty per se, because it is dead; neither gay nor sad, neither light nor dark; it is to rejoice or maltreat individualities to serve them up the cakes of sainted haloes or the sweat of a meandering chase through the atmosphere. A work of art is never beautiful, by decree, objectively, for everyone. Criticism is, therefore, useless; it only exists subjectively, for every individual, and without the slightest general characteristic. Do people imagine they have found the psychic basis common to all humanity? The attempt of Jesus, and the Bible, conceal, under their ample, benevolent wings: shit, animals and days. How can anyone hope to order the chaos that constitutes that infinite, formless variation: man? The principle: “Love thy neighbour” is hypocrisy. “Know thyself” is utopian, but more acceptable because it includes malice. No pity. After the carnage we are left with the hope of a purified humanity. I always speak about myself because I don’t want to convince, and I have no right to drag others in my wake, I’m not compelling anyone to follow me, because everyone makes his art in his own way, if he knows anything about the joy that rises like an arrow up to the astral strata, or that which descends into the mines stewn with the flowers of corpses and fertile spasms. Stalactites: look everywhere for them, in creches magnified by pain, eyes as white as angels’ hares. Thus DADA was born* , out of a need for independence, out of mistrust for the community. People who join us keep their freedom. We don’t accept any theories. We’ve had enough of the cubist and futurist academies: laboratories of formal ideas. Do we make art in order to earn money and keep the dear bourgeoisie happy? Rhymes have the smack of money, and inflexion slides along the line of the stomach in profile. Every group of artists has ended up at this bank, straddling various comets. Leaving the door open to the possibility of wallowing in comfort and food.

Here we are dropping our anchor in fertile ground.

Here we really know what we are talking about, because we have experienced the trembling and the awakening. Drunk with energy, we are revenants thrusting the trident into heedless flesh. We are streams of curses in the tropical abundance of vertiginous vegetation, resin and rain is our sweat, we bleed and burn with thirst, our blood is strength.

Cubism was born out of a simple manner of looking at objects: Cezanne painted a cup twenty centimetres lower than his eyes, the cubists look at it from above, others complicate it appearance by cutting a vertical section through it and soberly placing it to one side (I’m not forgetting the creators, nor the seminal reasons of unformed matter that they rendered definitive). * The futurist sees the same cup in movement, a succession of objects side by side, mischievously embellished by a few guide-lines. This doesn’t stop the canvas being either a good or a bad painting destined to form an investment for intellectual capital. The new painter creates a world whose elements are also its means, a sober, definitive, irrefutable work. The new artist protests: he no longer paints (symbolic and illusionistic reproduction) but creates directly in stone, wood, iron, tin, rocks, or locomotive structures capable of being spun in all directions by the limpid wind of the momentary sensation. * Every pictorial or plastic work is unnecessary , even if it is a monster which terrifies servile minds, and not a sickly-sweet object to adorn the refectories of animals in human garb, those illustrations of the sad fable of humanity. - A painting is the art of making two lines, which have been geometrically observed to be parallel, meet on a canvas, before our eyes, in the reality of a world that has been transposed according to new conditions and possibilities. This world is neither specified nor defined in the work, it belongs, in its innumerable variations, to the spectator. For its creator it has neither case nor theory. Order = disorder; ego = non-ego; affirmation - negation: the supreme radiations of an absolute art. Absolute in the purity of its cosmic and regulated chaos, eternal in that globule that is a second which has no duration, no breath, no light and no control. * I appreciate an old work for its novelty. It is only contrast that links us to the past. * Writers who like to moralise and discuss or ameliorate psychological bases have, apart from a secret wish to win, a ridiculous knowledge of life, which they may have classified, parcelled out, canalised; they are determined to see its categories dance when they beat time. Their readers laugh derisively, but carry on: what’s the use?

There is one kind of literature which never reaches the voracious masses. The work of creative writers, written out of the author’s real necessity, and for his own benefit. The awareness of a supreme egoism, wherein laws become significant. * Every page should explode, either because of its profound gravity, or its vortex, vertigo, newness, eternity, or because of its staggering absurdity, the enthusiasm of its principles, or its typography. On the one hand there is a world tottering in its flight, linked to the resounding tinkle of the infernal gamut; on the other hand, there are: the new men. Uncouth, galloping, riding astride on hiccups. And there is a mutilated world and literary medicasters in desperate need of amelioration.

I assure you: there is no beginning, and we are not afraid; we aren’t sentimental. We are like a raging wind that rips up the clothes of clouds and prayers, we are preparing the great spectacle of disaster, conflagration and decomposition. Preparing to put an end to mourning, and to replace tears by sirens spreading from one continent to another. Clarions of intense joy, bereft of that poisonous sadness. * DADA is the mark of abstraction; publicity and business are also poetic elements.

I destroy the drawers of the brain, and those of social organisation: to sow demoralisation everywhere, and throw heaven’s hand into hell, hell’s eyes into heaven, to reinstate the fertile wheel of a universal circus in the Powers of reality, and the fantasy of every individual.

A philosophical questions: from which angle to start looking at life, god, ideas, or anything else. Everything we look at is false. I don’t think the relative result is any more important than the choice of patisserie or cherries for dessert. The way people have of looking hurriedly at things from the opposite point of view, so as to impose their opinions indirectly, is called dialectic, in other words, heads I wind and tails you lose, dressed up to look scholarly.

If I shout:

Ideal, Ideal, Ideal

Knowledge, Knowledge, Knowledge

Boomboom, Boomboom, Boomboom

I have recorded fairly accurately Progress, Law, Morals, and all the other magnificent qualities that various very intelligent people have discussed in so many books in order, finally, to say that even so everyone has danced according to his own personal boomboom, and that he’s right about his boomboom: the satisfaction of unhealthy curiosity; private bell-ringing for inexplicable needs; bath; pecuniary difficulties; a stomach with repercussions on to life; the authority of the mystical baton formulated as the grand finale of a phantom orchestra with mute bows, lubricated by philtres with a basis of animal ammonia. With the blue monocle of an angel they have dug out its interior for twenty sous worth of unanimous gratitude. * If all of them are right, and if all pills are only Pink, let’s try for once not to be right. * People think they can explain rationally, by means of thought, what they write. But it’s very relative. Thought is a fine thing for philosophy, but it’s relative. Psychoanalysis is a dangerous disease, it deadens man’s anti-real inclinations and systematises the bourgeoisie. There is no ultimate Truth. Dialectics is an amusing machine that leads us (in banal fashion) to the opinions which we would have held in any case. Do people really think that, by the meticulous subtlety of logic, they have demonstrated the truth and established the accuracy of their opinions? Even if logic were confined by the senses it would still be an organic disease. To this element, philosophers like to add: The power of observation. But this magnificent quality of the mind is precisely the proof of its impotence. People observe, they look at things from one or several points of view, they choose them from amongst the millions that exist. Experience too is the result of chance and of individual abilities. * Science revolts me when it becomes a speculative system and loses its utilitarian character - which is so useless - but is at least individual. I hate slimy objectivity, and harmony, the science that considers that everything is always in order. Carry on, children, humanity … Science says that we are nature’s servants: everything is in order, make both love and war. Carry on, children, humanity, nice kind bourgeois and virgin journalists… * I am against systems; the most acceptable system is that of have none on no principle. * To complete oneself, to perfect oneself in one’s own pettiness to the point of filling the little vase of oneself with oneself, even the courage to fight for and against thought, all this can suddenly infernally propel us into the mystery of daily bread and the lilies of the economic field.

DADAIST SPONTANEITY

What I call the I-don’t-give-a-damn attitude of life is when everyone minds his own business, at the same time as he knows how to respect other individualities, and even how to stand up for himself, the two-step becoming a national anthem, a junk shop, the wireless (the wire-less telephone) transmitting Bach fugues, illuminated advertisements for placards for brothels, the organ broadcasting carnations for God, all this at the same time, and in real terms, replacing photography and unilateral catechism.

Active simplicity.

The incapacity to distinguish between degrees of light: licking the twilight and floating in the huge mouth filled with honey and excrement. Measured against the scale of Eternity, every action is vain - (if we allow thought to have an adventure whose result would be infinitely grotesque - an important factor in the awareness of human incapacity). But if life is a bad joke, with neither goal nor initial accouchement, and because we believe we ought, like clean chrysanthemums, to make the best of a bad bargain, we have declared that the only basis of understanding is: art. It hasn’t the importance that we, old hands at the spiritual, have been lavishing on it for centuries. Art does nobody any harm, and those who are capable of taking an interest in it will not only receive caresses, but also a marvellous chance to people the country of their conversation. Art is a private thing, the artist makes it for himself; a comprehensible work is the product of a journalist, and because at this moment I enjoy mixing this monster in oil paints: a paper tube imitating the metal that you press and automatically squeeze out hatred, cowardice and villainy. The artist, or the poet, rejoices in the venom of this mass condensed into one shopwalker of this trade, he is glad to be insulted, it proves his immutability. The author or the artist praised by the papers observes that his work has been understood: a miserable lining to a collaborating with the heat of an animal incubating the baser instincts. Flabby, insipid flesh multiplying itself with the aid of typographical microbes.

We have done violence to the snivelling tendencies in our natures. Every infiltration of this sort is macerated diarrhoea. To encourage this sort of art is to digest it. What we need are strong straightforward, precise works which will be forever misunderstood. Logic is a complication. Logic is always false. It draws the superficial threads of concepts and words towards illusory conclusions and centres. Its chains kill, an enormous myriapod that asphyxiates independence. If it were married to logic, art would be living in incest, engulfing, swallowing its own tail, which still belongs to its body, fornicating in itself, and temperament would become a nightmare tarred and feathered with protestantism, a monument, a mass of heavy, greyish intestines.

But suppleness, enthusiasm and even the joy of injustice, that little truth that we practise as innocents and that makes us beautiful: we are cunning, and our fingers are malleable and glide like the branches of that insidious and almost liquid plant; this injustice is the indication of our soul, say the cynics. This is also a point of view; but all flowers aren’t saints, luckily, and what is divine in us is the awakening of anti-human action. What we are talking about here is a paper flower for the buttonhole of gentlemen who frequent the ball of masked life, the kitchen of grace, our white, lithe or fleshy girl cousins. They make a profit out of what we have selected. The contradiction and unity of opposing poles at the same time may be true. IF we are absolutely determined to utter this platitude, the appendix of alibidinous, evil-smelling morality. Morals have an atrophying effect, like every other pestilential product of the intelligence. Being governed by morals and logic has made it impossible for us to be anything other than impassive towards policemen - the cause of slavery - putrid rats with whom the bourgeois are fed up to the teeth, and who have infected the only corridors of clear and clean glass that remained open to artists.

Every man must shout: there is great destructive, negative work to be done. To sweep, to clean. The cleanliness of the individual materialises after we’ve gone through folly, the aggressive, complete folly of a world left in the hands of bandits who have demolished and destroyed the centuries. With neither aim nor plan, without organisation: uncontrollable folly, decomposition. Those who are strong in word or in strength will survive, because they are quick to defend themselves; the agility of their limbs and feelings flames on their faceted flanks.

Morals have given rise to charity and pity, two dumplings that have grown like elephants, planets, which people call good. There is nothing good about them. Goodness is lucid, clear and resolute, and ruthless towards compromise and politics. Morality infuses chocolate into every man’s veins. This task is not ordained by a supernatural force, but by a trust of ideas-merchants and academic monopolists. Sentimentality: seeing a group of bored and quarrelling men, they invented the calendar and wisdom as a remedy. By sticking labels on to things, the battle of the philosophers we let loose (money-grubbing, mean and meticulous weights and measures) and one understood once again that pity is a feeling, like diarrhoea in relation to disgust, that undermines health, the filthy carrion job of jeopardising the sun. I proclaim the opposition of all the cosmic faculties to that blennorrhoea of a putrid sun that issues from the factories of philosophical thought, the fight to the death, with all the resources of

DADAIST DISGUST

Every product of disgust that is capable of becoming a negation of the family is dada; DADA; acquaintance with all the means hitherto rejected by the sexual prudishness of easy compromise and good manners: DADA; abolition of logic, dance of those who are incapable of creation: DADA; every hierarchy and social equation established for values by our valets: DADA; every object, all objects, feelings and obscurities, every apparition and the precise shock of parallel lines, are means for the battle of: DADA; the abolition of memory: DADA; the abolition of archaeology: DADA the abolition of prophets: DADA; the abolition of the future: DADA; the absolute and indiscutable belief in every god that is an immediate product of spontaneity: DADA; the elegant and unprejudiced leap from on harmony to another sphere; the trajectory of a word, a cry, thrown into the air like an acoustic disc; to respect all individualities in their folly of the moment, whether serious, fearful, timid, ardent, vigorous, decided or enthusiastic; to strip one’s church of every useless and unwieldy accessory; to spew out like a luminous cascade any offensive or loving thought, or to cherish it - with the lively satisfaction that it’s all precisely the same thing - with the same intensity in the bush, which is free of insects for the blue-blooded, and gilded with the bodies of archangels, with one’s soul. Liberty: DADA DADA DADA; - the roar of contorted pains, the interweaving of contraries and all contradictions, freaks and irrelevancies: LIFE”

Tristan Tzara, “Monsieur Aa l’antiphilosophe nous envoie ce manifeste”, in 391, No. 13 (Paris, July 1920), p. 2.

Tristan Tzara, “Monsieur Aa l’antiphilosophe nous envoie ce manifeste”, in 391, No. 13 (Paris, July 1920), p. 2.

Conférence “dada à Paris”, Tristan Tzara

Conférence “dada à Paris”, Tristan Tzara

Anonyme, Manifestation Dada à Saint-Julien-Le Pauvre, 1921, Bibliothèque Kandinsky, Paris. [De gauche à droite : Crotti, d’Esparbès, Breton, Rigaut, Eluard, Ribemont-Dessaignes, Péret, Fraenkel, Aragon, Tzara, Soupault.

Anonyme, Manifestation Dada à Saint-Julien-Le Pauvre, 1921, Bibliothèque Kandinsky, Paris. [De gauche à droite : Crotti, d’Esparbès, Breton, Rigaut, Eluard, Ribemont-Dessaignes, Péret, Fraenkel, Aragon, Tzara, Soupault.


Tristan Tzara; Croquis, 1915 - 1919, encre bleue sur papier chamois, 31,8 x 48,2 cm, Paris, Centre Pompidou.

Tristan Tzara; Croquis, 1915 - 1919, encre bleue sur papier chamois, 31,8 x 48,2 cm, Paris, Centre Pompidou.

André Kertész, Tristan Tzara, 1926, Tirage de 1977, Epreuve gélatino-argentique, 24,8 x 18,9 cm, Paris, Centre Pompidou, © RMN-GP

André Kertész, Tristan Tzara, 1926, Tirage de 1977, Epreuve gélatino-argentique, 24,8 x 18,9 cm, Paris, Centre Pompidou, © RMN-GP